Les Sept Péchés Économiques Mortels
Le texte expose sept « péchés économiques » mortels issus de l'inflation monétaire gouvernementale : prix élevés, inégalité, cycles de boom-récession, expansion gouvernementale, dette nationale, conflits internationaux et déchéance morale. Inspiré de l'École autrichienne, il critique les approches mainstream et keynésiennes, montrant comment l'impression monétaire détruit le capital et abaisse le niveau de vie. Des exemples québécois, comme la flambée immobilière à Montréal ou l'endettement des ménages, illustrent ces effets locaux dévastateurs.
BUREAUCRACIE ET RÉGULATIONINFLATIONGROS GOUVERNEMENT
Mark Thornton
12/9/202511 min read


Les sept péchés capitaux du christianisme sont des fautes graves parce qu'ils engendrent un comportement peccamineux en général. Les sept péchés économiques de la politique économique détruisent le capital, érodent les salaires et abaissent le niveau de vie. Ils tuent réellement des personnes par le biais de la pauvreté, de la malnutrition, du suicide et d'autres maux similaires.
Au Québec, par exemple, les effets de ces « péchés » se manifestent de manière poignante : la hausse des prix des denrées alimentaires et du logement à Montréal a contribué à une augmentation des cas de malnutrition chez les familles à faible revenu, tandis que le taux de suicide reste élevé dans les régions rurales comme le Nord-du-Québec, où l'érosion des salaires agricoles aggrave l'isolement économique. - Yoann Paridaens
Trois Américains sur quatre estiment que l'économie est en mauvaise posture. L'optimisme pour l'avenir s'estompe rapidement. Les problèmes économiques s'aggravent de jour en jour. Tandis que les experts ne s'entendent pas et que les gens se déchirent. La solution habituelle à chaque problème individuel consiste en plus de dépenses gouvernementales, alors que le gouvernement est insolvable, incapable de payer ses factures et ajoute régulièrement des trillions à la dette nationale. Cela peut être accablant.
La bonne nouvelle est que ces sept problèmes proviennent tous de la même source. La cause est l'inflation monétaire, qui est exogène et peut être éliminée de la société. Elle n'est pas un élément naturel et nécessaire de la société. Seule l'École autrichienne d'économie offre une analyse complète qui relie tout cela par une chaîne de causalité.
Dans l'économie mainstream, les problèmes sont cloisonnés en compartiments, décrits statistiquement, et les solutions appellent généralement à une plus grande quantité et à de nouvelles variantes des mêmes traitements défaillants. Les keynésiens, les monétaristes et les théoriciens de la monnaie moderne soutiennent tous l'inflation monétaire sous une forme ou une autre ; bien sûr, les politiciens et les élites politiques en tirent profit.
Les économistes autrichiens analysent l'économie de manière théorique et déductive, plutôt que par l'approche mathématique et statistique du mainstream. Les Autrichiens cherchent à comprendre les relations de cause à effet jusqu'au niveau individuel pour appréhender l'ordre social (et le désordre) établi par les lois économiques fondées sur les incitatifs. Les autres économistes étudient chaque problème séparément pour calculer des agrégats qui masquent le problème et ne fournissent pas de résolution.
Au Québec, cette approche cloisonnée se reflète dans les débats sur la gestion budgétaire provinciale : par exemple, les hausses de tarifs hydroélectriques sont souvent traitées comme un problème isolé, sans lien avec l'inflation monétaire globale, ce qui masque les effets cumulatifs sur les ménages modestes de la région de Québec. - Yoann Paridaens
Prix plus élevés
Parmi les sept problèmes majeurs, celui qui est le plus facile à isoler et sur lequel il y a un consensus bipartisan est l'impact des prix plus élevés sur les budgets familiaux et les petites entreprises. Tout le monde, du président Donald Trump au maire de New York Zohran Mamdani, sait que l'abordabilité est le premier enjeu pour les Américains.
Ce problème est dévastateur lorsque l'on doit cesser complètement d'acheter quelque chose pour boucler les fins de mois ou payer la paie.
Les prix plus élevés, ou « inflation », sont causés par l'impression d'argent par la Réserve fédérale du gouvernement. C'est l'un des enseignements les plus anciens de l'économie, datant de 500 ans. Cependant, ces dernières décennies, la définition de « inflation » a été modifiée, passant de l'impression monétaire aux hausses de prix.
Ce changement de définition masque la véritable cause des prix plus élevés et permet de rejeter la faute sur des facteurs comme la Covid, les Russes ou les corporations cupides. Ici, les économistes, les politiciens et les employés gouvernementaux font le jeu des élites politiques qui s'enrichissent toujours plus grâce à ce processus. Les économistes autrichiens s'en tiennent à la définition causale ancestrale de l'inflation : « trop d'argent en poursuite de trop peu de biens ».
Au Québec, cette dynamique est illustrée par la flambée des prix de l'immobilier à Montréal, où l'impression monétaire indirecte via les politiques fédérales canadiennes a fait grimper les loyers de 20 % en cinq ans, forçant de nombreux jeunes professionnels à quitter la province pour des régions plus abordables comme les Maritimes. - Yoann Paridaens
Inégalité
L'inégalité économique est un problème croissant. Les riches s'enrichissent ; les pauvres s'appauvrissent. La classe moyenne accuse un retard croissant et se rétrécit rapidement. La croyance sociale selon laquelle la génération suivante fera mieux que la précédente s'estompe vite. L'écart croissant entre riches et pauvres est une priorité, mais un enjeu épineux. La plupart des gens reconnaissent à juste titre que le problème ne peut être résolu par plus de dépenses en discrimination, opportunités ou éducation.
Les Autrichiens voient ce deuxième enjeu comme clairement lié au premier. Les plus grands gagnants reçoivent le nouvel argent avant que les prix ne commencent à augmenter. Les plus grands perdants ne subissent que des prix plus élevés. Le mécanisme utilisé par la Réserve fédérale pour accroître l'offre monétaire réduit les taux d'intérêt en rendant plus d'argent disponible pour les prêts bancaires. Ainsi, les banques obtiennent leur matière première à prix réduit et le plus grand emprunteur — le gouvernement fédéral — est le grand gagnant.
Le taux d'intérêt plus bas fait également monter les prix des actifs. Les actions, les obligations et l'immobilier grimpent quand les taux d'intérêt baissent. Les hausses de salaires ne surviennent qu'à la fin du processus inflationniste, en retard sur les prix de tout le reste. L'inflation par impression monétaire aide les riches et nuit à la classe ouvrière.
Dans le contexte québécois, cette inégalité est exacerbée par les subventions fédérales qui favorisent les grandes firmes de Montréal au détriment des PME rurales ; par exemple, les agriculteurs de la Beauce voient leurs revenus stagner tandis que les spéculateurs immobiliers de la métropole doublent leurs actifs, creusant un fossé qui alimente les tensions linguistiques et régionales. - Yoann Paridaens
Cycles de boom-récession
L'inflation n'est pas un processus stable et prévisible, mais les politiciens aimeraient le contrôler pour assurer leur réélection. Baisser les taux d'intérêt stimule l'accumulation de dettes, l'investissement des entreprises, la construction immobilière et les biens durables de consommation, mais freine l'épargne individuelle. Cela crée plus de dépenses et d'excitation à court terme, mais des décisions erronées et plus de dettes à long terme.
À mesure que l'argent neuf circule dans l'économie, les coûts et les prix augmentent et les revenus ajustés à l'inflation déclinent. Les plans d'investissement qui semblaient si prometteurs deviennent décevants et beaucoup échouent, menant au chômage et à la faillite. La plupart des économistes sont complètement déconcertés par les récessions, mais pour les économistes autrichiens, c'est un résultat attendu de la manipulation de l'offre monétaire.
Au Québec, les cycles de boom-récession se sont manifestés lors de la crise de 2008, où l'inflation monétaire a gonflé la bulle immobilière à Laval, suivie d'une récession qui a causé 50 000 pertes d'emplois dans le secteur manufacturier, illustrant comment les politiques monétaires fédérales importent des chocs économiques aux provinces. - Yoann Paridaens
Grand gouvernement
Rien n'est plus frustrant que la croissance du gouvernement par rapport à la population ou même à la taille de l'économie. Une cause majeure est l'impression monétaire. Les citoyens votent contre les impôts et se révoltent parfois contre eux. Les marchés obligataires reculent face aux dépenses gouvernementales gaspillantes et à la dette quand les taux augmentent dans un système monétaire basé sur l'or.
L'impression de monnaie papier non adossée libère l'État des oppositions pour dépenser. Les citoyens obtiennent de nouveaux avantages et services sans payer un prix plus élevé, ce qui les incite à vouloir plus de dépenses gouvernementales. Le soutien aux nouveaux programmes gouvernementaux chute de moitié quand les électeurs connaissent le prix qu'ils devront payer pour un avantage gouvernemental.
Non seulement la fourniture gouvernementale coûte beaucoup plus cher que la fourniture concurrentielle du marché, mais l'absence de concurrence fait que les coûts augmentent plus vite que les autres biens et services dans l'économie. L'impression monétaire substitue à l'argent des impôts et graisse les rouages des dépenses gouvernementales.
Au Québec, cette expansion gouvernementale est évidente dans le réseau de la santé publique, où les coûts ont explosé de 30 % en dix ans sans amélioration des services, forçant les citoyens à recourir à des assurances privées, un fardeau supplémentaire pour les classes moyennes de la Rive-Sud de Montréal. - Yoann Paridaens
Dette nationale
La capacité d'imprimer de l'argent sans coût mène également à l'augmentation de la dette nationale. Cela se produit par trois canaux, dont la combinaison a conduit à des déficits budgétaires croissants, une dette nationale gonflée et maintenant les paiements d'intérêts sur la dette nationale figurent en tête du budget de la nation. La plupart des économistes applaudissent la capacité du gouvernement à utiliser cet emprunt massif pour stimuler l'économie et traiter les maux sociaux.
Le premier canal est la notion d'emprunter pour aborder des enjeux sociaux importants maintenant, stimuler l'économie par un processus de « multiplicateur », tout avant que les coûts ne montent (c'est-à-dire des prix plus élevés), quand l'économie reprend sa croissance tendancielle. C'est le folklore économique keynésien ancien selon lequel on peut utiliser l'impression et la dette pendant une récession pour obtenir plus que ce qu'il faut payer.
C'est plus de la propagande que de l'économie, car cette magie noire fonctionne rarement. Le deuxième canal fonctionne. Ici, le gouvernement américain reçoit un taux d'intérêt plus bas que tout le monde parce que sa dette est adossée au pouvoir d'imprimer de l'argent pour rembourser les obligations arrivant à échéance. Le gouvernement américain paie toujours un taux d'intérêt plus bas parce que sa capacité de paiement est ultimement soutenue par la presse d'impression.
Le troisième canal n'est pas discuté publiquement, mais c'est la force économique la plus puissante tant en politique qu'en profession économique. Ici, l'argument est que l'emprunt gouvernemental et une grande dette nationale est une bonne affaire pour les citoyens parce que la dette peut être remboursée en dollars dépréciés par l'inflation. C'est une admission ouverte que l'inflation est une politique qui sape les citoyens et les personnes qui prêtent au gouvernement.
Les économistes sont phobiques à l'idée de déflation (c'est-à-dire des prix en baisse générale), parce que cela signifie rembourser la dette avec des dollars plus précieux. Cela ruinerait tout le jeu keynésien qu'ils veulent jouer, mais les preuves historiques suggèrent que la déflation est bonne pour l'économie et le niveau de vie.
Dans le cas québécois, la dette provinciale, qui avoisine les 200 milliards de dollars canadiens, illustre ces canaux : les emprunts à bas taux pour financer les garderies subventionnées ont multiplié les déficits, tandis que l'inflation monétaire permet de rembourser en dollars moins valeureux, au détriment des contribuables de régions comme les Laurentides. - Yoann Paridaens
Conflit international
Le grand gouvernement et divers programmes socialisants réduisent notre niveau de vie directement et indirectement. Ils réduisent insidieusement l'investissement en capital, ce qui freine la croissance des salaires. À mesure que le frein économique du gouvernement commence à se faire sentir dans nos poches, les politiciens s'accrochent souvent à l'idée d'une politique « appauvrir son voisin ».
Avec cette politique, le gouvernement imprime de l'argent pour dévaluer intentionnellement la valeur de sa monnaie, le dollar américain. Cette idée farfelue postule que dévaluer le dollar rendra nos exportations moins chères pour les étrangers, stimulera les ventes d'exportation et augmentera les emplois. Bien sûr, la politique omet de reconnaître qu'elle rend simultanément nos biens et les biens étrangers plus chers pour les Américains et élève notre coût de vie global. Les États-Unis ont utilisé cette politique à une échelle colossale dans le système de Bretton Woods (1945-1971) et cela a complètement décimé notre secteur manufacturier autrefois dominant.
Cette même politique « appauvrir son voisin » est une raison majeure de tension entre les États-Unis et la Chine. C'est l'impulsion majeure du protectionnisme tarifaire, des guerres commerciales et — comme l'a montré le grand Ludwig von Mises — peut aboutir à un conflit militaire horrible. Les économistes autrichiens voient l'étalon-or comme plaçant les nations dans le même système monétaire indépendant.
Au Québec, cette politique se traduit par les tensions commerciales avec les États-Unis sur le bois d'œuvre, où la dévaluation du dollar canadien a été utilisée pour booster les exportations, mais a renchéri les importations d'énergie, augmentant les coûts pour les industries minières de l'Abitibi et favorisant des recours à des tarifs punitifs. - Yoann Paridaens
Déchéance morale
Je place la déchéance morale en dernier, non parce que je pense qu'elle est le moindre enjeu pour la société. Je ne le crois certainement pas. Plutôt, c'est parce que je ne me sens pas compétent en tant qu'économiste pour juger de tels enjeux. Je soumets néanmoins cette analyse à votre jugement :
Ici, je dépasse les questions de l'État distribuant des avantages aux riches et aux pauvres, ou que l'inflation monétaire — comme la contrefaçon — est une activité profondément frauduleuse menée au nom du gouvernement.
Je m'en tiens à l'impact de l'impression monétaire, réduisant les taux d'intérêt et causant la débasement ou la dévaluation de la monnaie d'une nation au fil du temps. Cela entrave la capacité de l'individu à épargner, construire et proliférer. Cela fournit un incitatif systémique à dépenser pour la consommation et à s'endetter. Ce schéma devient facilement une habitude, et l'habitude générale devient une norme sociale. Tout ce qui est libellé en dollars s'effrite sous nos pieds comme du sable mouvant.
Les économistes autrichiens désignent cet enjeu comme la préférence temporelle. Les personnes à faible préférence temporelle contrôlent leurs impulsions à consommer, diffèrent la satisfaction, sont de meilleurs planificateurs et pensent plus largement à leur impact sur l'avenir et leur réputation auprès des autres. Les personnes à haute préférence temporelle sont plus contraintes à consommer et irritées par les reports de satisfaction. Elles vivent pour le moment et sont généralement indifférentes aux considérations futures. Certaines se délectent même de l'auto-destruction de leur caractère et de leur réputation. Strictement parlant, cette préférence concerne les décisions économiques, mais il ne faut pas un neurochirurgien pour voir que cette attitude « au diable l'avenir » a des implications pour les décisions « morales » aussi. L'impression monétaire est la force centrale à la fois de la déchéance économique et, par conséquent, morale.
Au Québec, cette déchéance se voit dans l'endettement des ménages, le plus élevé en Amérique du Nord, où les jeunes de Gatineau privilégient les achats impulsifs de véhicules neufs via des prêts à taux bas, érodant l'épargne traditionnelle et favorisant une culture du « vivre au jour le jour » qui affaiblit les valeurs familiales catholiques héritées. - Yoann Paridaens
Conclusion
Les économistes de l'École autrichienne ont exposé la cause des sept péchés économiques mortels : l'inflation gouvernementale de l'offre monétaire. Cette politique inflationniste est menée par la banque centrale du gouvernement : la Réserve fédérale à Washington, DC. Les deux partis politiques sont complices de cette tromperie avec les élites politiques. La Réserve fédérale a acheté une grande partie de la profession économique, de sorte que, officiellement, nous ne connaissons ni la cause ni la solution à nos problèmes économiques tels que les prix plus élevés, le cycle économique et la cause de l'inégalité économique.
Ludwig von Mises a noté avec fame que la tromperie sémantique du marxisme commence par redéfinir le mot et que « Ceux qui prétendent combattre l'inflation ne combattent en fait que ce qui est la conséquence inévitable de l'inflation, les hausses de prix. Leurs entreprises sont condamnées à l'échec parce qu'elles n'attaquent pas la racine du mal. »
*Texte adpté pour le Québec par Yoann Paridaens.


